-Donc, le jour où on me l'a annoncé, moi, j'ai fondu en larmes. Et le médecin qui me suit, en fait, depuis quelques années, est venu me rassurer, en me disant que, lui aussi, il avait aussi peur, mais que c'était le bon moment pour faire la greffe. Et que, bon, on ferait tout ce qui était possible pour y arriver. Donc, j'ai eu le témoignage de personnes qui ont été greffées avant moi, qui, en fait, m'ont beaucoup aidée, qui m'aident encore aujourd'hui. Et ce que j'essaie aussi de faire à mon tour, c'est de pouvoir témoigner, aussi, pour rassurer les personnes qui sont en attente de greffe. Je savais depuis longtemps que mon frère et ma soeur n'étaient pas compatibles. Donc, il fallait absolument trouver quelqu'un dans le fichier. Et on me l'a annoncé à l'hôpital deux mois après l'interrogation du fichier. Donc, j'ai vu l'infirmière avec un grand sourire, qui m'a dit: \"Ça y est!\" Et sur le coup, je comprenais pas. Et puis, elle m'a dit: \"Ça y est. On a un donneur.\" Et, là, bon, j'ai eu très peur. Je me suis mise à pleurer. Parce que, bon, pour moi, le mécanisme de l'allogreffe s'enclenchait. Et, puis, le jour où vous recevez cette greffe, vous voyez ces poches arriver. Cette moelle, donc, qui vient de votre donneur, que vous ne connaissez pas, vous ne le connaîtrez jamais, puisque le don est complètement anonyme. Et vous voyez ce goutte à goutte qui s'écoule dans vos veines et qui est là pour vous sauver la vie. Donc, c'est vrai que ce jour-là, on se dit qu'on a une chance qui est inouïe. Et, puis, qu'on espère, en fait, pouvoir sensibiliser les gens à donner leur moelle, parce qu'il y a des gens qui sont en attente de greffe. Que ce soient des enfants, des adultes, c'est de toute façon, forcément, le frère ou la soeur de quelqu'un. Ou c'est un papa, c'est une maman qui ont absolument besoin... (gorge nouée par l'émotion) Donc... faut pas hésiter, quoi. Faut foncer, faut se renseigner. Et, puis, bien, il y a l'Agence de biomédecine, il y a l'EFS, l'Établissement Français du Sang, qui sont là pour renseigner les gens, même dans les hôpitaux. Il faut absolument foncer, pas hésiter, quoi. Il faut le faire à tout prix. La chance, bien oui, c'est la personne qui va nous écouter, qui va percevoir ce message aujourd'hui et qui va s'inscrire, et qui va être la chance de quelqu'un qui est en attente. Karine, 36 ans a eut la chance d'être greffé en 2008