Voix Femme Pourquoi vous êtes-vous inscrit au Registre France Greffe de Moelle ? Pierre-Marie -Je me suis inscrit parce que je... au tout début, j'avais l'habitude de donner mes plaquettes. À l'occasion d'un de ces dons, au moment de la visite médicale, qui précède toujours un don du sang, ou un don de plaquettes, le médecin m'a parlé du Registre France Greffe de Moelle et m'a dit que je pouvais m'inscrire. On m'a tout de suite expliqué que la finalité, elle était très... enfin, pouvait être très belle, donc j'ai vraiment eu aucune hésitation à m'inscrire sur ce fichier. Voix Femme Quel sentiment au moment où l'on vous contacte ? Ce premier contact m'a donc... dans un premier temps, surpris, et quasiment tout de suite, ça m'a fait très plaisir. J'avais l'impression d'avoir été sélectionné pour un concours. C'est un peu ça, l'idée. Et donc, quand on est sélectionné pour un concours, ou pour un jeu, eh bien, on va jusqu'au bout, parce qu'on a envie de jouer le jeu. Voilà, c'était la même chose. Sauf qu'il ne s'agissait pas d'un jeu et qu'il y avait bien quelqu'un, à l'autre bout du fil, qui... dont la vie en dépendait. Voix Femme Quelle préparation avant le don ?. On m'a fait, cette fois-ci, une visite... une visite médicale pré-anesthésique, enfin, bon... Pour préparer à une éventuelle anesthésie générale, il fallait procéder à des examens assez classiques, pour s'assurer que l'anesthésie, si jamais elle devait avoir lieu, se passerait bien, donc une radio des poumons... un électrocardiogramme, etc. Au terme de cette demi-journée, j'ai passé une demi-journée avec le médecin, on m'a... ce médecin m'a remis des seringues pré-remplies d'un produit qui s'appelle le GCSF, qui est... Ce fameux produit sert à stimuler la moelle osseuse et à faire sortir les cellules souches périphériques, qui s'appellent périphériques justement pour ça, c'est-à-dire qu'elles peuvent aller se promener dans le sang. Pour ça, il faut qu'elles soient stimulées par ce fameux produit, qui s'appelle le GCSF. Voix Femme Quel engagement vis-à-vis du malade ? Le don était programmé depuis... à peu près un mois à l'avance. Le médecin, qui était devenu mon référent à l'EFS de l'hôpital Saint-Louis, m'avait bien expliqué, et ça, c'est très important, qu'à partir de 15 jours avant le... 15 jours ou une semaine avant le don, le patient qui va recevoir le don est placé en aplasie. À partir de ce moment où le patient receveur était placé en aplasie, eh bien, il atteignait une sorte de point de non-retour, et si je refusais à ce moment-là, enfin, à partir de 15 jours avant le don, eh bien... le patient risquait tout simplement de décéder, si je persistais à ne pas donner mes cellules souches. Donc c'est à ce moment-là que j'ai ressenti le poids de l'engagement moral qui, encore une fois, n'est absolument pas un engagement juridique, mais bien... mais pour le coup, quelque chose de beaucoup plus fort. Et c'était bien plus qu'un engagement, ça devenait une responsabilité. Voix Femme Aujourd'hui, quel est votre regard sur votre don ? J'y pense assez rarement, mais de temps en temps, je dois dire que c'est... Quand je pense à cette période, je trouve que c'était, encore une fois, un très beau moment, de manifester une solidarité biologique de façon tout à fait naturelle, et encore une fois, très facile. Voix Femme Quel message souhaitez-vous faire passer ? Si j'ai un message à donner à ceux qui s'interrogent sur l'opportunité de s'inscrire au Registre France Greffe de Moelle, eh bien... tout simplement: inscrivez-vous, c'est très facile. C'est, techniquement, tout à fait anodin, et vous pouvez vraiment sauver une vie.